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Créer mentalement une dissociation simple en 5 étapes

La dissociation est utilisée dans plusieurs méthodes. C’est le fait de pouvoir observer une scène à la 3ème personne…et dans laquelle vous êtes l’acteur principal ! La plupart du temps, on l’utilise pour prendre du recul, se couper d’une émotion négative, relativiser. Cela dit, la dissociation peut jouer un rôle important sur la motivation, ou la représentation qu’on a de l’environnement, etc.

Les étapes de base pour créer une dissociation

Pour illustrer la dissociation, prenons d’abord l’exemple du cinéma :

  1. Installez-vous confortablement dans une salle de cinéma sympathique ! Il s’agit bien évidemment d’une salle mentale, et ce sera plus simple en fermant les yeux.
  2. Prenez le temps de regarder le film dans lequel vous jouez. Vous êtes la star du moment ! Les images peuvent être floues, mais plus vous rentrerez dans l’expérience, plus la qualité de l’imagerie sera bonne. Le plus important, c’est vraiment de prendre le temps. C’est à ce moment précis que vous commencez la dissociation.
  3. En étant spectateur de votre propre action, c’est bien le visuel qui prend le relai sur les sensations, sur le kinesthésique. Visionnez les images.
  4. À la fin du film, comme c’est un cinéma un peu spécial, vous pouvez rembobiner et repasser un extrait qui vous a plu. Magie de la technologie, cela peut se faire à vitesse réelle, à vitesse lente, ou en vitesse accélérée. La vitesse lente a tendance à améliorer la décortication technique. La vitesse réelle peut amener du dynamisme. Dans tous les cas, finissez par visionner le film à la vitesse réelle.
  5. Projetez-vous ensuite dans le futur avec ce que vous aurez vu et appris.

C’est la base, et à vrai dire l’histoire du cinéma, c’est un peu pédagogique ! Vous l’aurez compris, la salle mentale va vite disparaître quand fait une dissociation en imagerie mentale. Vous vous verrez sur votre lieu d’entraînement, ou en compétition, et l’utilisation du cinéma est en général justifiée par le besoin de prendre encore plus de recul. C’est ce qui se fait lors des thérapies pour traiter des peurs, des phobies, etc.

Créer une dissociation permet :

  • D’analyser plus finement un geste à vitesse lente.
  • De « booster » la motivation à vitesse lente, car on voit les détails qui nous plaisent
  • De prendre du plaisir à vitesse lente, comme pour retarder le temps ! C’est un peu comme un film en « slow motion ».
  • D’avoir une idée d’une distance qu’il reste à parcourir. Parfois, on n’en peut plus, mais savoir prendre du recul et voir qu’il nous reste 5% de la distance, ça redonne de l’énergie !
  • D’agir sur l’éveil et le dynamisme à vitesse accélérée.
  • De faire des arrêts sur image, pour changer l’angle de vue et observer la scène différemment.
  • Avoir une représentation « esthétique » de l’action

Un bon moyen d’apprendre à créer une dissociation, c’est de se filmer et de visionner le film dans lequel on joue !

Dissociation et ancrage

Si vous êtes devenu expert en ancrages, alors vous pouvez très bien les associer aux dissociations. Cette phrase est quelque peu étrange, non ? C’est pourtant le cas ! Vous ne comprendrez la suite que si vous avez des connaissances sur le sujet ! Prenons l’exemple d’une émotion très négative (ou d’une humeur, sentiment), et gardons le cinéma comme approche.

Ce qui va changer, c’est que vous allez vous observer à la troisième personne, dans un état pas forcément agréable. On pourrait donc imaginer un ancrage suffisamment puissant pour contrer les mauvaises sensations en cas de besoin, si le visuel a du mal à prendre le dessus sur le kinesthésique. Je vous conseille de ne pas le faire seul au début !

La première étape serait donc d’identifier le déclencheur de cet état négatif, le point de départ. Ce déclencheur peut être visuel, auditif, externe, etc. Il ne faut pas rentrer dans l’expérience mentalement !

La deuxième étape, c’est de vérifier / de créer un ancrage puissant pour contrer ce malaise.

La troisième étape, c’est d’aller dans votre salle de cinéma mentale, tout en ayant l’ancrage activé. Vous pouvez visualiser l’écran.

C’est vraiment à ce moment-là que la dissociation prend tout son sens, car on remplace l’émotion par du visuel.

C’est seulement après avoir vu mentalement la fin du film qu’on peut se projeter dans le futur, toujours en maintenant l’ancrage. Comment vais-je me sentir ? Comment vais-je réagir à partir de maintenant ? Rembobinez, visionnez le film plusieurs fois, jusqu’à retirer votre ancrage. Le pont vers le futur devra être mentalement positif sans utilisation de l’ancrage !

Vous l’aurez compris, c’est bien de se faire guider dans ces étapes. Et dans certains cas, ça ne sera pas par un préparateur mental ! Travailler sur les émotions fait partie de son métier, mais pas de faire des thérapies…

En résumé

La dissociation n’est autre que la perspective externe en imagerie mentale. Cet article permet de prendre conscience des possibilités mentales, à force de pratique et d’entraînement. Oui, l’article sort un peu du cadre habituel de la préparation mentale, mais c’est aussi le but ! J’aime bien dire aux sportifs qu’il faut savoir sortir du cadre pour mieux y revenir après, avec ce qu’on a appris à l’extérieur.

La seule condition, c’est que vous restiez en sécurité en dehors du cadre. Travailler un préparateur mental compétent, c’est aussi avoir son avis sur la question. S’il vous invite à aller voir un thérapeute, un psychologue, un médecin, c’est qu’il juge que vous serez mieux accompagné, plus en sécurité.

Sachez qu’il existe aussi des dissociations doubles. Imaginez que vous vous rendiez au cinéma pour vous voir en tant qu’acteur principal. Sauf que là, vous allez quitter la salle et laisser le film se jouer sans que vous soyez présent. Sorte de parenthèse, d’amnésie. Vous aurez la main sur ce qui se passe avant le film, et après. Cette technique est utilisée dans les phobies importantes.

Les outils et les thématiques sont tous reliés, et ça fait partie du métier de savoir comment les articuler, à quels moments, avec qui ! Cet article vous a fait prendre du recul ? Tant mieux 🙂

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