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Comprendre les croyances en préparation mentale

Les croyances ne sont pas uniquement religieuses. On ne pourrait pas se le permettre en préparation mentale, imaginez les dégâts ! Nous avons tous des croyances, créées depuis notre plus jeune âge, et sur de nombreux sujets. Parfois, elles nous paraissent tellement normales, qu’on n’en a même plus conscience !

Définir les croyances

Ce sont toutes les pensées que nous considérons comme vraies. Eh oui, c’est aussi simple que ça ! Alors bien évidemment, elles peuvent prendre 2 formes :

  • Croyances « aidantes »
  • Croyances « limitantes »

Les croyances apparaissent souvent avant l’âge adulte, mais rassurez-vous, on sait encore en créer de nouvelles à tout âge. Les croyances apparaissent d’ailleurs plus facilement pendant les moments « forts » (sensations intenses, émotions, etc.). Il est facile de croire que tous les chiens sont dangereux, dès lors que vous avez eu une mauvaise expérience avec l’un d’entre eux. Et c’est tout à fait normal.

Nous développons tous des croyances sur le monde, à propos de soi, ou au sujet des autres ! Comment ça, chacun se créé ainsi sa propre vision.

Les croyances en préparation mentale

En préparation mentale, on s’attache surtout aux croyances limitantes, parce qu’elles posent souvent problème aux sportifs.

Exemple : « je ne suis pas fait pour ce format de compétition », ou « je serai toujours nul en coordination »

Pourquoi ? Ces croyances ont une conséquence directe sur nos comportements ! D’ailleurs, si vous avez déjà quelques notions de PNL, vous aurez sûrement entendu cela : « la carte n’est pas le territoire ». Chacun a sa propre représentation du monde, avec un système de filtres ultras puissants que nous posons devant nos yeux, nos sens, autour de notre cerveau. Eh oui, les croyances filtrent la réalité.

L’origine des croyances limitantes

Les croyances, et les peurs qui y sont associées, nous ont servi à un moment donné de notre vie. Elles ont donc été bénéfiques ! En effet, elles ont eu un rôle de protection dans le passé, et notre corps a trouvé des stratégies pour ne plus se faire avoir.

Le problème est souvent celui-là : le comportement qui nous a autrefois servi n’est plus forcément adapté à la réalité. Même si la situation ressemble plus ou moins à ce que nous avons vécu dans le passé, la protection est du même ordre.

Vous voulez un exemple, n’est-ce pas ? Prenons un cas très classique : la fameuse blessure au genou. Vous connaissez forcément autour de vous des personnes qui répondent ceci à la question « est-ce que tu fais du sport ? » : « ah bah non, parce qu’une fois je me suis pété les croisés en ski ». La situation marquante, c’est donc une chute en ski. L’extrapolation de tout ça, c’est de croire que le sport est dangereux pour la santé. Proposez un petit foot amical à cette personne, et vous verrez qu’elle se protègera autant que possible, influencée par une bonne vieille croyance. Dans ce cas présent, la réaction de protection n’est plus du tout la bonne réponse à la situation.

Si les croyances sont négatives, elles viennent directement impacter la performance, ou tout simplement un état de bien-être.

Identifier une croyance limitante

ATTENTION, il s’agit de croyances, il ne faut pas les confondre avec « points faibles  » ou « points à améliorer » !

Questions à se poser :

  • À qui attribuer cette croyance ? Un ami, un parent, un entraîneur, un enseignant, etc.
  • Qui la prononce vraiment ? Est-ce ma voix ? Vient-elle d’une autre personne ? Qui la formule, et comment ? Que dit-elle exactement ?
  • Est-elle crédible ? Si elle vient de moi : à quel moment ? Où ? Si elle vient de quelqu’un d’autre : cette personne est-elle crédible, aujourd’hui crédible ? Pourquoi ?

Déconstruire une croyance limitante

À ce stade, un préparateur mental peut / doit guider le sportif.

On peut déjà agir de différentes manières :

  • Trouver un ou plusieurs contre-exemples. C’est de loin le plus efficace au début.
  • Utiliser l’imagerie mentale, notamment en perspective externe (en se voyant à la troisième personne)
  • « S’amuser » avec la croyance : voir comment la représenter et la rendre plus petite, l’éloigner, la switcher avec une image plus positive, etc.

Reformuler la croyance

Faire une croyance positive à partir de la croyance négative désormais « déconstruite » et réécrire la nouvelle croyance de manière positive. Surtout, veiller à se répéter cette nouvelle croyance, en faisant attention à tous les signes, à toutes les sensations positives que cela apporte.

Attention, une croyance positive n’est pas de la superstition. Une croyance aidante flirte parfois avec la superstition. Croire que c’est ce caleçon qui vous fait gagner à chaque fois n’est peut-être pas une bonne chose. Reformuler une croyance de manière positive ne signifie pas se mentir.

Cas concret de croyance à haut niveau

Un exemple de croyance limitante : « à chaque fois que j’ai de mauvaises sensations à l’échauffement, je fais une mauvaise compétition ». Même à haut niveau, c’est mentalement bien inscrit, le sportif y croit vraiment.

  • Étape 1 : trouver l’origine de la croyance.

Bilan : cela vient du sportif, sur deux compétitions importantes, par exemple le vent a été défavorable. Cela n’a donc rien à voir avec l’échauffement.

Par association d’idées dans le cerveau, les mauvaises sensations à l’échauffement ont été reliées trop facilement à une ou plusieurs contre-performances.

  • Étape 2 : déconstruire la croyance.

Il faut à ce stade réfléchir sur la possibilité d’un mauvais échauffement. A-t-il été trop rapide, le niveau de stress était-il trop important ? La météo a-t-elle joué un rôle ? Le préparateur mental approfondira cela pour agir en conséquence. Peut-être qu’il faudra se pencher sur de nouvelles routines spécifiques à l’échauffement.

Mais surtout, il suffirait de faire référence à une excellente compétition internationale où il avait déjà eu cette sensation de mauvais échauffement ! Lui rappeler l’endroit exact, le replonger dans ces souvenirs pour leur redonner de l’intensité. On comprend donc l’intérêt du dialogue, et de créer un climat de confiance. Et c’est parfois en échangeant avec l’entraîneur qu’on arrive à retrouver ses moments.

  • Étape 3 : Reformuler la croyance, et l’associer à des images positives.

« Je suis capable de toujours bien … », ou « chaque run est unique », etc.

Chaque phrase est associée à du bien-être, des sensations positives.

Encore une fois, posez-vous la question de savoir si vous n’avez pas dévié vers une croyance aidante. Certains entraîneurs font parfois croire n’importe quoi à leur sportif, pour les aider. Cela part d’une bonne intention, mais que se passe-t-il quand le sportif s’en rend compte ? Peut-être que ça le fera sourire. Ou peut-être qu’il commencera à se dire qu’à chaque fois que son coach lui affirmera quelque chose, ce sera un gentil mensonge. On ne peut pas s’entraîner à vivre dans le mensonge. Cette 3ème étape est d’ailleurs facultative pour bien des préparateurs mentaux. Déconstruire une croyance suffit déjà amplement.

En conclusion

Les croyances sont partout, et le préparateur mental en a également. C’est pour cela qu’on se retrouve parfois avec des méthodes qui « fonctionnent pour tous », des baguettes magiques. Si cette séance a fonctionné avec 6 sportifs, elle va forcément fonctionner avec tous les sportifs, non ? Chaque préparateur mental a tout intérêt à régulièrement s’interroger sur sa pratique, ses outils, ses méthodes, pour ne pas succomber aux croyances aidantes.

Cela dit, une séance qui se passerait mal avec un sportif donnerait assez facilement naissance à une croyance limitante. « Je ne suis pas capable d’accompagner un jeune ». « Je ne suis pas fait pour ce sport ». Ou encore, « Cet outil est vraiment nul ». Pour identifier et travailler sur les croyances de sportifs, le meilleur moyen reste encore de le faire pour soi-même.

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